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Le Capitalisme est-il éthique ?

Le Capitalisme est-il éthique ?

Bonjour,

Vous connaissez peut être déjà le fameux philosophe français André COMTE-SPONVILLE qui a publié :

« Le Capitalisme est-il moral ? » (1)

Sans trahir le contenu de la causerie d’André COMTE-SPONVILLE et son message, je crois qu’on peut dire en synthèse que son approche se résume à expliquer que :

  • le Capitalisme est un système de gestion des échanges économiques ;
  • le Capitalisme appliqué à nos sociétés prend des formes différentes selon les individus, sociétés, états dans le monde aujourd’hui ;
  • le Capitalisme est borné et influencé par des « couches » supérieures d’ « Ordre » Juridique, Moral, Éthique et la couche suprême, celle de l’Amour (Cf. « Théorie des Couches »).
  • Le Capitalisme n’est ni moral ni immoral, il est amoral au sens où ce n’est pas lui qui inclue les notions d’Éthique, de Morale et de Valeurs Humaines qui guident nos choix en matière de Droit et des sociétés que nous voulons construire et qui orientent nos usages de ce système : Le Capitalisme.

L’actualité parue dans le journal LE MONDE aujourd’hui rattrape encore cette délicate question du modèle économique dans lequel nous vivons en rapport avec les Enjeux humains par cet article :

« Il n’y a pas d’opposition fondamentale entre capitalisme et écologie » (2)

Extraits :

N’ y a t il pas une opposition fondamentale entre capitalisme et écologie ?

Jacques LE CACHEUX : Non, il n’y a pas d’opposition fondamentale. En réalité, le système capitaliste est certainement compatible avec toutes sortes de modes de vie différents. La vraie question est : comment orienter les décisions des individus et des sociétés vers des modes de vie compatibles avec la préservation de l’environnement ?

C’est évidemment la grande question qui est celle de la population. C’est une question qui est aussi vieille que l’analyse économique. Déjà Malthus, à la fin du XVIIIe siècle, évoquait les problèmes de la surpopulation face à des ressources naturelles limitées. Il est vrai qu’avec 9 milliards d’habitants, ce sera plus difficile qu’avec 6 milliards, mais pour l’instant l’histoire humaine a montré que l’inventivité avait permis de résoudre beaucoup de problèmes liés à ces limites des ressources naturelles. Donc c’est à la fois, en effet, un nouveau modèle économique, et un nouveau mode de répartition qui est nécessaire si l’on veut préserver le climat.

(…) les individus répondent à des signaux et des incitations qui proviennent de leur environnement et des institutions de la société, et on ne peut pas compter simplement sur le sens moral des individus.

(…) le vote au Sénat a introduit beaucoup d’exceptions et d’exemptions, ce qui risque de nuire aussi à son efficacité. (…)

Les solutions alternatives existent déjà dans de très nombreux cas, et il faut les rendre économiquement attractives. (…)

Quand on parle de la dette des pays développés, on veut dire que le stock de gaz à effet de serre qui est actuellement dans l’atmosphère est presque entièrement imputable au développement passé des pays riches. En revanche, les émissions actuelles et futures dépendent beaucoup des pays émergents et des pays en développement, et il faut trouver un moyen de répartir le fardeau financier et en même temps la charge des réductions futures de gaz à effet de serre (…)

Il y a évidemment un effet de mode. Cet effet de mode est lié au fait que les entreprises réagissent à la prise de conscience des consommateurs. Mais en même temps, s’il s’agit pas seulement de marketing mais bien d’une évolution des offres des entreprises, c’est une bonne chose. On aurait tort de s’en offusquer. Sur le fond, je pense que c’est un effet durable. (…)

Je crois qu’il est assez facile d’imaginer des modes de vie moins gourmands en énergie que ceux que nous avons aujourd’hui. (…)

Imposer, non. Je pense qu’il faut, comme toujours dans ce genre de choses, respecter les desiderata des riverains. (…)

On voit bien ressortir ici tout l’intérêt de se poser, dans des questions d’ordre Moral et Éthique, en rapport direct avec l’interaction bilatérale qui existe entre « Société » et « Individu », des rapports entre « groupes d’individus » dont les intérêts ou les forces s’opposent ou sont en déséquilibre.

Que pensez-vous en rapport avec quelques éléments d’Éthique et de Valeurs Humaines fondamentaux :

  • Humanité :
  • Justice : Le Sénat introduit des exceptions et exemptions, sources d’inéquité entre les individus et groupes d’individus ou groupes d’intérêts économiques (collectivités, entreprises). Est-ce acceptable ?

Quelles sont les questions d’éthique qui sont posées ici selon vous ?

Marc JESTIN
L’Éthique en questions

(1) « Le Capitalisme est-il moral ? » André COMTE-SPONVILLE ; Albin Michel, 4 février 2004 ; Le Livre de Poche, 10 mai 2006.
Présentation de l’éditeur : Après une série d’interventions au cours d’une rencontre avec des patrons insistant sur la nécessaire « éthique d’entreprise » et les formes qu’elle devait prendre, André COMTE-SPONVILLE se permit de faire remarquer qu’il avait lu tous les philosophes importants mais qu’il n’avait jamais lu une ligne sur le respect du client chez MONTAIGNE ou KANT ! Cette ironie traduit bien l’esprit du livre du philosophe : critiquer l’invasion de la morale — ou plus exactement du discours sur la morale ce qui est un peu différent — dans toute la société.
Alternant exemples, anecdotes, citations et analyses, André COMTE-SPONVILLE excelle à démontrer que le capitalisme est, par nature, amoral. L’entreprise, dit-il, n’a pas vocation à distribuer de l’affection de l’amour ou tout autre sentiment : elle n’a que « des objectifs et un bilan », point final. Ce pragmatisme surprend et intéresse dans un pays où le marxisme a longtemps été le credo de l’intelligentsia. Dénonçant le « politiquement correct » qui sévit trop souvent — il qualifie ainsi le slogan « vaincre le Sida c’est une question de volonté politique » « d’idiot » — l’auteur nous livre une vision iconoclaste du monde dans ce petit livre spirituel au ton vif, écrit avec un remarquable souci de vulgarisation qui met « l’infini à la portée des caniches » selon la finalité qu’assignait à sa discipline, la philosophie, l’un de ses illustres prédécesseurs.

(2) L’article du Monde au complet : http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/11/25/il-n-y-a-pas-d-opposition-fondamentale-entre-capitalisme-et-ecologie_1272076_1270066_1.html

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